Jean-Marie Perdrix est au départ sculpteur, plasticien avec une spécialité de ferronnier. Il tient un stand au festival du vent sur l’espace « fête en l’air » où il présente son projet appelé « Yambaplast ». L’histoire est belle : un jour il a rencontré Ousmane Derme, bronzier au Burkina-Faso qui a initié un procédé de fonte de plastique pour en fabriquer de petits objets. Il a donc commencé par utiliser cette matière pour faire des sculptures avant de le travailler pour en faire un substitut du bois. Et depuis deux ans, en recyclant des déchets plastiques avec Ousmane et Salif Derme, il fabrique des objets utilitaires comme des piquets, des récipients, des panneaux, mais également des Djembe, instrument traditionnel africain. Ce procédé est surtout adapté aux économies informelles des pays du Sahel, les investissements pour transformer la matière étant très faibles. Aujourd’hui il est dans l’attente d’un bilan de développement durable.
« Je ne connaissais rien du festival du vent, c’est la première fois que je viens. Je savais juste que son créateur Serge Orru est la personne spécialiste de la bataille contre le sac en plastique en Corse. Donc je me suis dit qu’il y avait forcément une relation intéressante entre eux et moi : les déchets et les sacs plastiques. Et même si le problème entre la Corse et le Sahel est très différent, tout l’argumentaire sur les sacs plastiques en milieu marin je le retrouvais en milieu sahélien.
C’est assez drôle, j’ai une belle banderole ici qui ne parle pas de développement durable mais de « développable durement » parce que je me suis souvent rendu compte que le développement durable est devenu un enjeu marketing, de communication.
Nous on essaie d’initier une collecte pérenne des déchets plastiques. Il a fallu qu’on fixe un coût à la fois attractif pour les collecteurs mais qui nous permettent aussi de transformer la matière en substitut du bois. Parallèlement à ça il y a des structures, une église évangélique par exemple qui organise de grands événements de développements durables uniquement pour des histoires de communication interne. Ils offrent des T-shirt aux enfant pour les sensibiliser et qu’ils ramassent les sachets. Tant qu’ils étaient les seuls c’était très bien, aujourd’hui qu’on est là il faut absolument qu’ils arrêtent, il ne peut pas y avoir plusieurs collectes à des coûts différents sur la même commune par exemple. Surtout qu’après avoir ramassé les sachets, eux les brûlent. L’enfer est donc bel et bien pavé de bonnes intentions.
C’est pour expliquer tout cela que je suis là. Je suis quelqu’un d’assez solitaire et comme tous les sculpteurs dans une pratique assez isolée, mais face à l’importance d’un projet comme ça j’avais besoin de partager des expériences, de chercher des regards croisés. Je cherche évidemment aussi à développer et financer mon activité. Serge Orru est quelqu’un qui m’a poussé à me monter en association, à prendre contact avec les organismes, les gens ou les associations qu’il fallait.
Comme c’est un festival qui est instauré depuis longtemps et que des personnes reviennent constamment, j’ai eu un peu de mal à avoir l’information sur ce que j’allais trouver ici. En fait il faut découvrir seul et se débrouiller. C’est vrai que les gens ont plus tendance à parler de ce que l’on vit ici et moins de ce que l’on y trouve. Et en finalité j’avoue avoir rencontré des gens sympathiques, d’autres associations aussi comme les forestiers sans frontières. Je reviendrai si on m’y invite, assurément ! »
Date du festival : du 28 octobre au 01 novembre 2006.
Lieu : Cavi - Corse
Date de publication :
Rédaction : Marjorie Risacher
Photos : Alexandra Lebon
En savoir plus sur le festival
www.lefestivalduvent.com
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